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- L'ART ET L'INDUSTRIE -

 

Marcel Guiguet tirant à l'arc - L'enfant - un jeune neveu du peintre François Guiguet - la tête penchée, couronnée d'un chapeau blanc, bande son arc et vise. Toute son attention est dirigée vers la cible, il retient son bras droit, l'œil est précis, aigu et comme en symétrie avec le pouce gauche raidi sur l'arc.

Dans ce dessin à la pierre noire, François Guiguet confère à cette scène enfantine toute la spontanéité d'un croquis fait sur le vif. Des traits de sanguine parcimonieux réchauffent et éclairent l'œuvre et là, plus appuyés, donnent une expression tendre à la charmante petite bouche boudeuse de ce jeune garçon très affairé.

François Guiguet a toujours peint ou dessiné son entourage familial composé d'artisans, menuisiers, tout à la gloire du travail bien fait et de l'amour du travail.

 

Marcel Guiguet tirant à l'arc - pierre noire et sanguine (39 x 29,6 cm).

 

La maison natale au Grimaud - huile sur toile (32,5 x 40,5 cm).

 

La maison natale du peintre, qui n'a guère changé, à Corbelin, petit village du Dauphiné ; les ateliers se trouvaient devant.

C'est une maison typique en pisé, aux petites ouvertures, la région étant très froide l'hiver, avec un puits couvert et un bassin que l'on retrouve dans de nombreuses autres œuvres.

 

 

On voit aussi une scène très lumineuse représentant la façade arrière de la maison natale, plus rustique, avec les commodités dans le jardin, comme il était d'usage.

Les deux aspects de la maison sont peints sous des saisons différentes : un début de printemps encore sombre pour la première et sans doute d'été ou un automne ensoleillé dans le Dauphiné, pour la seconde.

Façade arrière de la maison natale - huile sur papier 29 x 24,5 cm

 

 Photographie © Catherine Picard

Contre-jour à la verrière.

Dans l'atelier, l'abat-jour au-dessus du grand tour se mêle à la structure de la verrière. Les différents aspects des plaques de verre nous retracent l'histoire de leur mise en place. Ils sont à eux seuls l'ambiance et l'histoire de l'atelier, les regards des ouvriers.

 

 

 

La cache d'outils.

Petite cache, sous l'étau limeur, discrète et accessible. Elle est la présence de l ouvrier devant sa machine. Elle symbolise l'importance de l'industrie qui donnera naissance aux multiples créations artistiques.

Les enfants de Paul Guiguet sont les gardiens de ce patrimoine d'exception.

 

 

Photographie © Catherine Picard

 

Photographie © Catherine Picard

Keep filled with machine oil.

La porte d'accès au graissage de la fraiseuse Milwaukee. Henri aura usé d'huile de coude pour faire apparaître les conseils du constructeur.

Afin de veiller au parfait graissage de la machine, Marcel Guiguet aura certainement sollicité de nombreuses fois la petite trappe.

 

 

Le sang du métal.

Nous avons ouvert le cœur de l'étau-limeur.

A notre grande surprise, la masse d'inertie de la machine est encore ruisselante de graisse, prête à reprendre du service. Comme une opération à cœur ouvert, la couleur rouge des ses entrailles nous offre le spectacle des années de labeur.

 

 

Photographie © Catherine Picard

 

Photographie © Catherine Picard

 

 

 

25 cigares, quelques outils de fraiseuse rangés sur une étagère dans le placard. Quelques copeaux de métal les entourent, preuve que l'art et l'industrie ne font qu'un.

 

 

 

Les maïs.

Henri Guiguet, homme de caractère entretient l'atelier et conserve ainsi le patrimoine industriel, mais il sait aussi faire vivre les traditions locales. Une tresse d'épis de maïs suspendue à son balcon en est la preuve.

 

 

Photographie © Catherine Picard

 

Photographie © Catherine Picard

L'avance de l'étau limeur.

La noirceur du métal reflète l'ambiance de l'atelier.

Ici rien n'a bougé depuis des décennies. Les manettes de commandes polies par le passage des mains nous indiquent le chemin à suivre, celui du respect du travail bien fait. Famille d'artistes, Marcel Guiguet est le trait d'union entre art et industrie. 

 

 

 

Le forgeron - huile sur papier marouflé sur toile (63 x 49cm). 

Le forgeron huile sur papier marouflé sur toile (63x49cm). 

... Le forgeron heaumé de cuir sphérique en capsule à qui aux yeux le courroux du feu souffle sa bave violette. Alfred Jarry, critique pictural.

Dans cette huile sur papier marouflé sur toile, François Guiguet exprime l'incandescence de la forge en illuminant jusqu'à l'éblouissement le forgeron, attentif, le bras levé, prêt à donner toute sa force.

Le rougeoiement du feu est rendu par touches orange et ocre, du brasier jusqu'au fond bleu ciel. L'orange de la ceinture et du bord du béret - dont parle si poétiquement Alfred Jarry - en lignes parallèles, scande la scène et centre notre regard sur l'artisan au travail.

Avec la liberté d'une esquisse, ce forgeron, d'une technique audacieuse -  plutôt rare chez François Guiguet - démontre ici encore pleinement ses talents de coloriste.

 

Le forgeron à l'enclume : un homme frappe sur son enclume une tige métallique avec attention, précision et concentration. Main et pied droit sont quelque peu disproportionnés, pour donner plus d'assise et de force au mouvement du bras. Les hachures presque toutes verticales accentuent la verticalité du forgeron, le grand tablier de cuir jusqu'aux pieds, le socle de l'enclume. On note un repentir sur le pied droit qui avait été placé trop haut et trop en avant.

Forgeron à l'enclume - pierre noire (29,7 x 23,2 cm).

 

Etude de forgeron

Le forgeron devant la forge : sur papier vert. Ici c'est l'attente qui est exprimée par la main négligemment posée sur la hanche, mais l'homme reste attentif. Le visage et le buste sont éclairés par le feu de la forge, qui illumine ainsi le papier vert. Sur un fond d'abord rapidement esquissé, l'artiste a souligné d'un trait plus appuyé son dessin définitif.

 

Etude de forgeron, nous avons un croquis où le mouvement est juste esquissé, le marteau en main est cerclé, comme pour le mettre en action.

Etude de forgeron

 

Le Tour - pierre noire sur papier bis mis au carreau (30,5 x 24 cm).

Le tour, il s'agit d'une mise au carreau, c'est à dire qui doit permettre à l'artiste de transposer son dessin en peinture. Le tour est dessiné très précisément dans tous ses détails mécaniques. Le mécanicien, un des neveux du peintre est penché avec attention sur sa machine et effectue son travail avec précision. Son front plissé, l'arête de son nez et ses yeux attentifs le prouvent. Pourtant les mains restent peu précises comme souvent chez François Guiguet.

 

Les scènes quotidiennes et réalistes que l'artiste avaient devant les yeux lui permettaient d'avoir des modèles, qui n'étaient pas immobiles au sens propre du terme, mais concentrés sur leurs actions, donc sans distraction et sans pose avantageuse, en quelque sorte abandonnés sans le savoir à l'analyse du peintre.

 

 L'ensemble des commentaires ayant trait aux œuvres de François Guiguet sont signés par Christine de Vitry docteur en histoire de l'art.