CHAPITRE XII - 1931 - LE RENOUVEAU.

 

Les années 1930 et 1931 sont certainement la période la plus innovante de la vie de Marcel Guiguet. Il va en effet durant cette courte période créer le réservoir deuxième génération, mais également les petits châssis.

Ce réservoir deuxième génération est présenté au salon de Paris en octobre 1930. Ils sont coulés aux forges de Montupet (Léon Montupet 1894-1954) de Nogent-sur-Oise et de Nanterre. Ce nouveau réservoir conserve les mêmes proportions et fonctions par rapport à l’ancien. Son aspect devient plus fluide, plus élégant, mais aussi plus solide. La M.G.C propose à ses clients l’échange des anciens réservoirs dit « écrémeuse » qui repartent pour la fonderie. L'histoire nous conte que cet échange est proposé de façon gracieuse ! 

Pour cette opération d’échange "standard", un démontage de « l’ensemble supérieur » est nécessaire, haubans, selle, garde-boue arrière, porte bagages, roue avant, fourche … bref, une partie importante de la machine. Cela très certainement sous quelques conditions ?   

Le grand châssis reçoit de légères modifications, des nervures de renfort sur les deux bras arrière.

 

Ce nouveau réservoir conserve les mêmes proportions et fonctions par rapport à l’ancien - Archives © CL

 

 

 

 

 

Toujours sur la base des grands châssis, Marcel Guiguet conçoit le modèle N3L et N3AL. Respectivement équipées d’un moteur J.A.P latéral de 350 cm3 et d'un moteur J.A.P latéral de 500 cm3

La N3L dispose d'une puissance de 4cv afin d'atteindre une vitesse de 90 Km/h. La N3AL dispose elle d'une puissance de 5 cv et atteint une vitesse de 105 km/h.

 

1931 : Le catalogue de la S.A.R.L. M.G.C

La production en 1931 s'enrichie de deux nouveaux modèles.

Type

Moteur

Cyl

Cv

Nb de Vit

N° de série

N3

JAP Culbuté

350 cm3

4

3

1000

N3A

JAP Culbuté

500 cm3

5

3

300

N3B

JAP Culbuté

250 cm3

3

3

100

N3C

CHAISE

350 cm3

4

3

500

N3L

JAP Latéral

350 cm3

4

3

1000

N3AL

JAP Latéral

500 cm3

5

3

300

Les modèles racing apparaissent au catalogue.

 

C’est également la naissance des châssis courts - Archives © CL

C’est également la naissance des châssis courts, « petites oreilles », qui permettent de loger les 250 cm3 , et « grandes oreilles » qui accueillent les 350 cm3 . (exception faite pour la 250 cm3 racing, qui utilise le châssis « grandes oreilles », l’encombrement du bas moteur de la 250 cm3 racing est identique à celui du 350 cm3 ). Les modèles « racing » apparaissent au catalogue.

 

A gauche l'élément antérieur du petit châssis (petites oreilles), il permet le maintien postérieur du moteur.

 

La partie postérieure du petit châssis maintient la roue arrière, mais fait aussi office de réserve d'huile moteur, à droite on distingue l'orifice de remplissage.

 Afin d'alléger le poids de la machine, l'ensemble de la boulonnerie est percée - Archives © CL

 

Deux modèles sont disponibles, un 250 et un 350 - Archives © CL

Réalisé en alpax, le sabot avant, support de fixation moteur et du haubanage avant, élément indissociable du petit châssis. Deux modèles sont disponibles, un 250 et un 350. Il permet également la fixation et le centrage de la platine de fixation du carter de chaine primaire. Elle reprend exactement l'encombrement des carters moteurs.

 

1931 : Le palmarès

Course de Côte de d’Allevard-les-Bains, vainqueurs Barbier et Marguit en 250 cm3 et 500 cm3 sport.

 Course de Côte de Saint-Marcellin, vainqueurs Barbier et Marguit en 250 cm3 et 500 cm3 sport.

 Course de Côte de Saint-Geoire en Valdaine, vainqueur Marguit en 500 cm3 sport.

 Course de Côte de Bayard (6 septembre), vainqueur Marguit, (pseudonyme de Marcel Guiguet) en 250 cm3, et second derrière une 1000 cm3.

Course de Charbonnières le 13 Septembre 1931, M.G.C gagne en catégorie 250 cm3 - Archives © DB

 

La M.G.C est omniprésente en course. A cette époque nombreux sont les constructeurs, ingénieurs, concepteurs qui participent au développement commercial de leur entreprise. Ainsi Marcel Guiguet devient le meilleur représentant de sa propre marque. C'est en concevant et en développant le modèle N3BR à châssis court spécial "grande oreilles" qu'il y parvient. Il est envisageable que ce châssis soit conçu et réalisé avant le  châssis court traditionnel "petites oreilles".

Cette machine est équipée d’un moteur J.A.P. racing de 250 cm3, de roues de 21 pouces, d'une boîte de vitesses Sturmey Archer quatre rapports et de gardes boue très étroits. Légère et rapide, très vite elle se démarque de ses rivales, spécifiquement en courses de côtes.

Marcel Guiguet la commercialise  deux ans plus tard sous l’appellation N3BR type « Circuit du Dauphiné ». Consultez la fiche technique "N3BR".

Prochainement : Marcel Guiguet a trente ans et observe l'évolution de la motocyclette en France en 1931.