CHAPITRE VII – 1925 - 1927 - LE PROJET N3.

 

Rappel important concernant l’appellation « N3 » Joseph GUIGUET, frère ainé de Marcel, sert la France pendant la grande guerre au sein de l’escadrille de chasse des cigognes, nommée « N3 ».

L’escadrille des cigognes, créée « BL 3 » en juillet 1912 à Belfort, devient « MS 3 » en mars 1915, puis « N3 » le 20 septembre 1915, « SPA 3 » en avril 1917 (groupe de chasse 12  « cigognes »), 1° escadrille du 2e R.A.C le 1 janvier 1920, puis devient 1er escadrille du groupe de chasse 1/2 en 1933, et enfin escadron de chasse 1/2 basé sur la base aérienne de Dijon, et équipé de mirages 2000.

En 1925, Marcel Guiguet travaille chez Gnôme et Rhône comme tourneur. Il a 24 ans et projette de réaliser ses motocyclettes avec un réservoir poutre. Seul l’alliage léger lui permet à cette époque d’envisager une réalisation de ce type. Il choisit l'Alpax 13 A-S 13 alliage d'aluminium entre 12 et 13,7 % de silicium. Le 13 janvier 1925 Marcel Guiguet adresse un curriculum vitae aux établissements Rolls-Royce  125 avenue de Malakoff à Paris XVIème. Hélas sans réponse favorable. Marcel Guiguet cherche peut être dans un but financier ou commercial à se rapprocher de la capitale ?

 Gnôme et Rhône

 

Motosacoche.

Deux années passent, il revient alors dans son Dauphiné natal, et ouvre à Corbelin un garage auto et moto qu'il construit sur deux niveaux. Une technique certainement commune avec Luc Court. EN 1927, il devient agent Motosacoche, et  parallèlement à ses activités professionnelles, il continue à mettre au point ses projets.

 

 

Marcel Guiguet grandit dans le monde de l’art. On retrouve cet équilibre artistique dans l’esthétique de ses créations. Il est avant-gardiste. Son oncle François est artiste peintre.  Vous trouvez les renseignements sur le musée François Guiguet sur le site de Corbelin :  http://www.corbelin.fr      

Marcel Guiguet choisit le concept du réservoir poutre-châssis pourquoi ?

A cette époque, c’est le cadre en tubes brasés qui est appelé à se développer. Pourtant trois techniques sont couramment employées : le tube, la tôle d'acier emboutie, et l'alliage léger. Depuis la naissance de l'industrie motocycliste, le cadre en tube, fait référence, car emprunté à la vélocipédie, qui à cette époque motorise la bicyclette.

Depuis la fin de la première guerre mondiale, l'industrie aéronautique doit maintenir ses activités. Par obligation elle diversifie les productions. Pour ces raisons, elle se tourne entre autre vers la motocyclette. C'est l'aéronautique qui va mettre en avant la conception des cadres en tôle d'acier emboutie et en alliage léger matricé. C'est durant cette période que Marcel Guiguet va s'inspirer de cette idée. En 1919, Henri Cuzeau étudie chez Terrot une motocyclette dont le réservoir fait office de poutre.

Entre 1914 et 1918, messieurs Carl A Neracher et Joseph Allan Smith imaginent une motocyclette qui emprunte son châssis directement à l'automobile.  C'est la naissance de Ner a Car.

Quelques constructeurs Français et  allemands s'y essayent, Louis Janoir (1918), Robert Macé (1923), Marcel Quidet (1925), Megola (1922), Mars (1923), Neander (1925), mais également le Danois Nimbus (1923). Trop novateur le succès n'est pas au rendez vous. Mais les idées font leurs chemins et bientôt de nombreux constructeurs prennent le train en marche...

Marcel Guiguet est le premier à avoir fusionné toutes ces techniques sur un seul projet, l'alliage léger coulé, l'alliage léger matricé, réservoir poutre, tôle emboutie et châssis rigide.

 La rubrique « LA TECHNIQUE » vous renseigne sur l’ensemble des fonctions du châssis poutre.

Non datée, Marcel Guiguet à la fraiseuse dans l'atelier d'apprentissage - Archives © DB

 

 

« Le dessin de M.G.C obéit aux données mécaniques et aux exigences du confort à motocyclettes,

sa sobre élégance ne lasse pas la vue et plait à l’élite motocycliste ». 

- Marcel Guiguet -

 

 Archives © DB

Non daté : griffonnage rapide de la main de Marcel Guiguet. Une idée différente du réservoir poutre, équipée peut être d'un moteur horizontal. Deux vraies places assises s'opposent au guidon position basse type course !!! Il conserve la boite à outils sur le garde boue avant. En arrière plan, un bâtiment, certainement l'atelier d'assemblage des futures M.G.C

 
 

Prochainement: Marcel Guiguet a vingt quatre ans et observe l'évolution de la motocyclette en France en 1925.