CHAPITRE IV – 1918 - LA CIGOGNE DE GUYNEMER.

Les années de guerre passées, dans l'atelier familial entre mécaniciens et artistes Marcel rêve d'aventures, et a plein d'idées en tête…

Marcel a dix-sept ans et va construire sa première moto ! En hommage à son frère Joseph, qui porte haut les couleurs de la France, et bien avant Hispano-Suiza, Marcel Guiguet appose sur le réservoir de sa première création l'insigne en aluminium de l'escadrille « N3 ». Une cigogne à l'envol à ailes basses, dite "cigogne de Guynemer". C’est en septembre 1915 que l’escadrille des cigognes se nomme la « N3 ».

La cigogne de Guynemer s'en va, mais revient toujours !!!

 

 

 

 Vers l’historique de la SPA3. 

  

Première motocyclette de Marcel Guiguet - Archives © DB

Marcel Guiguet construit sa première motocyclette. Il l'assemble avec des pièces provenant de l’atelier familial.

La partie cycle est un simple berceau interrompu surbaissé au niveau du tube de selle, la suspension arrière est de type cantilever. Le réservoir et la fourche proviennent d’une Magnat-Debon.

Marcel Guiguet dessine le moteur et son père lui confectionne les moules de fonderie. C’est un monocylindre à quatre temps de 4 HP, d'alésage et de course de 75 x 110. Les soupapes sont commandées par culbuteurs actionnés par un arbre à cames. La course des soupapes, et compression volumétrique sont réglables. La magnéto tourne à la vitesse de l'arbre moteur. Le graissage est assuré par un simple barbotage. Cette motocyclette est dépourvue de boîte de vitesses, et la transmission finale est de type direct par courroie.

 

  

 

 

 

Comme tout prototype,  cette motocyclette évolue au fil du temps. La cigogne en aluminium visible sur le réservoir d'essence,  est déjà un choix définitif. Elle sera le sigle de la future M.G.C. Elle ornera le garde boue avant de toutes prochaines réalisations.

En suivant ce lien, vous pouvez admirer  le bel échassier récemment retrouvé sur une motocyclette de type première génération dite "dromadaire". Une restauration de cet objet s'imposant afin d'être présentable !

  

 

 1918 - Marcel Guiguet a dix sept ans, voici l'ancêtre de la M.G.C - Archives © DB

 

Etude N°204 : étude Marcel Guiguet - Archives © DB

Etude N°200 : la cigogne de Guynemer. Emblème officiel de la M.G.C - Archives © DB

Doit on voir une analogie avec Enzo Ferrari qui choisit lui aussi un insigne d'escadrille française comme emblème.

Comment le cheval cabré est-il né ? L'écusson Ferrari, cheval noir cabré frappé sur un écu jaune vif, remonte à l'époque où Ferrari était pilote de course.
Le 17 juin 1923, Ferrari remporte le « Circuito del Savio » La course se dispute sur un circuit routier de la région de Ravenne. Il établit le record du tour. Le comte Enrico Baracca, félicite Enzo Ferrari et l’invite à lui rendre visite chez lui où la comtesse Paoline Baracca l'accueillit sur le domaine familial proche de Ravenne.

Les Baracca avaient un fils, Francesco Baracca, as de la chasse aérienne lors de la Grande Guerre.
Francesco est né en 1888. En 1907, il entre à l'Académie militaire de Modène.

Lorsque l'Italie entre en guerre en 1915, Baracca est pilote de chasse. Il obtient sa première victoire en avril 1916 et comptabilise 34 victoires en 1918. 

Il reçoit la médaille d'or de la Valeur militaire. En novembre 1916,il est nommé chevalier de l'Air. Pour rappeler peut-être son passé d'ancien cavalier, il adopte un insigne personnel peint sur la toile du flanc de son avion, un cheval noir cabré, le « Cavallino Rampante », sur un fond blanc.

Le 19 juin 1918, Baracca survole le front autrichien avec son SPAD de chasse quand il est touché à la tête par une balle tirée du sol.

Tué sur le coup, il s'écrase derrière les lignes ennemies, mais en un geste de chevalerie, son insigne est découpé et renvoyé à sa famille.
La comtesse confie l'emblème du Cheval cabré de son fils au jeune pilote automobile de Modène pour lui porter chance. Ce geste s'explique par la sympathie des Baracca pour un compatriote de Modène.

Quoi qu'il en soit, Enzo Ferrari est très honoré. Il remplace le fond blanc par un écu jaune représentant les couleurs de la cité de Modène, et le fait figurer sur toutes les voitures de courses et de route.

 

Prochainement: Marcel Guiguet a dix sept ans et observe l'évolution de la motocyclette en France en 1918